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Espérandieu et la bibliothèque Doucet

Grâce aux croisements des correspondances conservées dans quatre fonds d’archives1, il est possible de reconstituer les relations qu’Émile Espérandieu entretint avec la Bibliothèque d’art et d’archéologie (BAA).2.

Après avoir rappelé la situation professionnelle et scientifique d’Espérandieu entre 1908 et 1913, nous nous demanderons s’il n’était pas un peu chez lui à la bibliothèque de la rue Spontini pour avoir vendu à Doucet une partie de sa bibliothèque et y avoir laissé autant d’archives. Cette vente permet aussi de soulever le problème des bibliothèques d’archéologie gallo-romaine de l’époque.

1- Espérandieu en 1908-1913

A partir de 1901, le commandant Émile Espérandieu habite Paris. Sous-directeur de la Revue du Cercle militaire, il dirige ensuite au Havre puis à Evreux les bureaux de recrutement, de 1910 jusqu’à sa retraite en octobre 1913. Parce que sa carrière militaire est freinée à cause d’une surdité de plus en plus handicapante depuis plusieurs années, Espérandieu développe sa carrière scientifique. Ses travaux épigraphiques dans les années 1890 l’avaient fait connaître au monde érudit, en particulier des corpus d’inscriptions régionaux3. Membre de plusieurs sociétés savantes, dont les Antiquaires de France et le CTHS4, il est élu en 1901 Correspondant de l’Institut. Il change alors de statut : d’érudit de province, il devient un savant à l’instar des universitaires parisiens. En 1903, il commence le Recueil des bas-reliefs de la Gaule, dont le premier tome sort en 1907. Et depuis 1906, il dirige les fouilles d’Alésia avec la société de Semur d’abord, puis sur ses propres terrains ensuite dès 1908.

Le 8 juin 1912, il écrit à Salomon Reinach :

« Mon bien cher Maître et Ami,

(…) J’ai suivi votre conseil et écrit à mon propriétaire. Comme je ne puis pas accepter l’augmentation de loyer qu’il exige, je me verrai forcé presque sûrement, dans six mois, de quitter le logement que j’habite. Je le ferai, du reste, sans trop de regret ; ce logement, s’il a des avantages, n’est pas non plus sans inconvénients. Mais où aller ? Le principal, pour ne pas dire, le seul obstacle à mon installation à Paris est ma bibliothèque. Ne serait-ce pas rendre service aux autres et à moi-même que de la proposer à M. Doucet ? Les volumes et brochures que je collectionne patiemment depuis trente ans constituent, comme vous le savez, une des plus riches bibliothèques d’archéologie gallo-romaine à l’heure actuelle. Que vaut-elle au juste? Je n’en sais rien. Quinze ou vingt mille francs, peut-être, car si j’ai des ouvrages rares et devenus, pour la plupart, introuvables, je ne possède pas des éditions de grand prix. Son estimation ne pourrait se faire que sur fiche. D’autre part, il y a des livres dont je ne me séparerai qu’à ma mort : ce sont surtout, comme vos répertoires, des instruments de travail dont je me sers à chaque instant. Mais ils existent déjà, sans nul doute, à la bibliothèque Doucet.

Ne soyez pas trop surpris de mon idée. Elle m’est venue tout d’un coup. Hier encore, j’en étais à cent lieues. Mais s’il est bien certain que je ne saurais consentir à m’adresser à des libraires, n’en voyant aucunement la nécessité, il me semble que je n’éprouverais qu’un chagrin relatif en les cédant à M. Doucet, s’il les désirait, et aussi que leur réunion, dans une même salle consacrée à l’époque gallo-romaine pourrait rendre service aux travailleurs. Cela me permettrait de loger à Paris pas trop loin de la rue Spontini afin de pouvoir profiter, non seulement, le cas échéant, de mes propres livres, dont je connaîtrais bien le catalogue, mais aussi de ceux que je n’ai pas en ce moment. Car je prévois parfaitement ce qui m’attend ; ma femme et ma fille, ne pouvant se passer l’une de l’autre, vivront ensemble à Milan5, une bonne partie de l’année et je resterai seul peut-être neuf mois sur douze. Quant à m’établir moi-même en Italie, je ne puis pas y songer pour une foule de raisons. Une des principales est que je perdrais mes droits à ma retraite militaire. Puis, je vous avoue que cette pensée quil faudra bien que je me sépare tôt ou tard de mes livres et de mes manuscrits me cause maintenant une véritable peine. Que deviendront-ils ? Si j’étais riche, je les donnerais simplement à M. Doucet ou, pour mieux dire, à la Bibliothèque ; ce serait une excellent façon d’éviter leur dispersion, mais je ne le suis pas et la formation de la bibliothèque Doucet est une occasion qui ne se représentera peut-être jamais d’établir ces livres et ses manuscrits pour la commodité des travailleurs.

Est-ce que M. Doucet ne pourrait pas réaliser, d’autre part, cette pensée que je caresse depuis longtemps d’une collection de clichés photographiques ? Que de travailleurs seraient heureux, bien souvent, de pouvoir se procurer pour quelques centimes telle ou telle photographie de nos musées qui leur fait besoin. J’ai des milliers de clichés. Il suffirait d’une salle et de quelques étagères pour les contenir, et je consentirais fort volontiers à les administrer pour rien, simplement pour rendre service. Je n’ai pas besoin d’ajouter que je les céderais, pour rien également, à M. Doucet. Pour le tirage éventuel de ces clichés, on pourrait s’entendre avec un photographe. Aucun atelier joint à la bibliothèque ne serait nécessaire. Le principe admis, il me serait facile d’accroître en peu de temps une collection de cette sorte. Je n’ai guère photographié jusqu’ici que des sculptures et des inscriptions. Mais la masse des menus objets dispersés dans les musées de province pourrait l’être aussi. Je ne parle, bien entendu, que de ceux qui en valent la peine. De bonnes images d’objets sont aussi utiles que des livres. Supposons, par exemple, qu’un travailleur ait à s’occuper de l’agriculture à l’époque gallo-romaine. Ne serait-ce pas l’aider notablement que de lui montrer d’abord, par des albums, tout ce que nos musées de province contiennent d’instruments agricoles, ensuite que de lui procurer des photographies de ces objets ?

Je vous écris tout cela un peu à la diable ; mais je suis extrêmement pressé. Veillez bien me pardonner, et recevez, mon bien cher Maître et Ami, l’expression très cordiale de ma respectueuse affection.

E. Espérandieu

(PS : La bibliothèque de M. Mowat6 et la mienne pourraient se compléter l’une par l’autre. Mowat ne possède guère que des ouvrages de numismatique et d’épigraphie. J’ai surtout des ouvrages d’archéologie. Mowat a 86 ou 87 ans, et son fils n’aura certainement rien de plus pressé que de vendre les livres. »7

Espérandieu, prenant sa retraite l’année suivante, va perdre une grande partie de ses revenus, ce qui explique qu’il veuille déménager8. L’idée de la vente de sa bibliothèque montre qu’il connait et fréquente la rue Spontini.

A cette lettre, Salomon Reinach répond :

« Mon cher Commandant,

J’ai parlé de l’affaire de votre bibliothèque à René Jean. Elle l’intéresse d’autant plus que la Bibl<iothèque> Doucet est encore pauvre en gallo-romain bien qu’elle ait les grands ouvrages et vienne d’acheter le C.I.L. à Mowat. Quant aux clichés, ils en possèdent déjà des milliers et ne craindraient pas d’en avoir 3 000 de plus. Doucet ne s’occupe de ces affaires que lorsqu’elles sont mûres. Jai dit à René Jean que je vous écrivais pour vous conseiller de lui adresser une lettre développée, indiquant par à peu près le nombre de vos brochures, la nature des grands ouvrages à planches et le prix d’estimation. Entre 12-15 000, je crois bien qu’on s’arrangerait ; vous auriez votre vie durant toutes facilités de travail et René Jean m’a même dit : « on pourrait lui confier le soin de tenir cette section au courant ». Donc idée heureuse, à ne pas perdre de vue.

Cordialement à vous. S. R. »9

Si les premières lettres entre Espérandieu et René-Jean sont perdues, les suivantes montrent que la vente est décidée et le choix des ouvrages engagé. Ainsi, Espérandieu indique à René-Jean :

« Je n’ai que très peu de plaquettes ou d’ouvrages consacrés à l’art chrétien. A peine 150, en y comprenant les 80 brochures de Mgr Barbier de Montault10. Mais je possède les Inscriptions chrétiennes d’Edmond Le Blant, qui sont assez rares. J’ai aussi ses Sarcophages d’Arles et ses Sarcophages de la Gaule. Je possède également les Inscriptions chrétiennes rhénanes de Kraus. Ma bibliothèque, comme je vous l’ai dit, est surtout gallo-romaine. Merci de la démarche que vous avez bien voulu faire. Pour les questions pratiques, l’entente sera facile. Avant tout, j’ai le désir de placer mes livres de telle sorte, qu’ils ne risquent pas, après moi, d’être dispersés à tous vents11

La lettre suivante de René-Jean officialise, en quelque sorte la vente :

« Mon Commandant,

Plus que jamais le principe de l’achat de votre bibliothèque est entendu. La question du prix se réglera aisément, je crois. J’en ai parlé du reste à M. Salomon Reinach. Un crédit de quinze mille francs m’est accordé pour l’ensemble de vos livres. Reste la question de livraison. Il faudra en reculer la date de quelques semaines, car, à l’heure présente, nous ne saurions où vous installer. Je me réjouis de tout cela et espère avoir bientôt le plaisir de vous voir.

Agréer, mon Commandant, l’assurance de mes sentiments bien dévoués. René-Jean. »12

La somme indiquée incite à penser qu’il a vendu sinon toute sa bibliothèque, au moins une très grande partie. A la question de René-Jean « A quel moment peut-on aller chercher vos livres ?»13, il répond :

« tous mes livres sont descendus et encombrent fortement ma salle à manger ! Si vous pouviez les faire enlever Samedi (à défaut d’après demain) j’en serais heureux. Cela me permettrait de commencer, en y consacrant mes matinées, le catalogue des livres que vous voulez bien me déléguer. Ce n’est, en effet, que lorsque je serai nettement fixé sur ce qui existe déjà que je pourrai vous remettre des listes d’achat. »14

Pour l’instant, on n’a pas retrouvé, dans les archives Doucet, la liste des ouvrages vendus, mais deux témoignages tendent à confirmer la réalité de cette transaction : ainsi Louis Chatelain15 écrit à Espérandieu : « J’ai été très heureux d’apprendre qu’on vous a confié une partie de la bibliothèque Doucet, que la vôtre a si opportunément augmentée. »16

Et en 1914, Espérandieu remercie Joseph Déchelette pour le deuxième tome de son Manuel d’archéologie qu’il vient de recevoir et précise « Votre livre va prendre rang, à côté de ses précédents, sur les rayons de ma bibliothèque reconstituée et à mes premières heures de loisir, je le lirai d’un bout à l’autre. »17

2-  Une place au sein de la bibliothèque

On a noté dans ces différents courriers qu’Espérandieu, après avoir cédé ses livres, va participer à l’accroissement de la bibliothèque Doucet en suggérant de nouveaux achats. C’est une activité qui est désintéressée, mais l’année suivante, Salomon Reinach fait un geste pour lui car il sait qu’il a besoin d’un revenu complémentaire à sa pension de retraite. En effet, Espérandieu lui écrit :

« J’attends impatiemment le relèvement des soldes ; non pas que j’espère en profiter beaucoup, mais parce que je suppose qu’on augmentera aussi le taux des retraites, et qu’on donnera les nouvelles retraites à tous ceux qui auront bénéficié des nouvelles soldes. Alors que les fonctionnaires civils reçoivent, comme retraite, les 2/3 de leur traitement d’activité, il me parait impossible qu’on ne donne, comme à présent, que 3000 fr à un commandant qui aura touché un traitement de plus de 9000 fr. Le moins que l’on puisse faire sera d’accorder la moitié, et j’y gagnerai 1500 fr. »18

Lettre d’Espérandieu à Reinach, 24 juin 1913. archives MAN, fonds de correspondance ancienne, dossier Espérandieu

Reinach lui répond :

« Hier, j’ai reçu la visite de René Jean, venu pour me parler de vous. J’ai pris sur moi de dire qu’à mon avis, vous ne refuseriez pas votre concours régulier (mais non permanent) aux sections antiques de la Bibl<iothèque> Doucet moyennant une indemnité de début de 1 200 – 1 500 fr. . Cela représenterait, à mes yeux, votre loyer dans les parages. René Jean va en parler aussitôt à Doucet ; mais il est entendu que vous n’êtes nullement engagé par mes propos ; j’ai seulement exprimé l’opinion, l’avis qu’on me demandait. Maintenant, attendez ; mais quand la proposition ferme viendra, croyez m’en, acceptez ; il y a là, au milieu de gens qui vous sont très inférieurs à tous égards, un grand avenir. »9

Lettre de Reinach à Espérandieu, sans date, restitué 1912. ms 18PDR_E_COR 38, Palais du Roure, fonds Espérandieu.

Et René-Jean confirme rapidement :

« Si vous pouvez être ici à la bibliothèque vendredi à 2 heures moins 1/4, je pense que nous pourrons voir M. Doucet. Voici à peu près, dans les grandes lignes ce qui est arrêté :

a) d’abord notre atelier photographique vous fournira toutes les plaques qui pourraient vous être nécessaires puisque vos clichés entrent dans nos collections.

b) moyennant une indemnité mensuelle, vous voudrez bien nous aider à compléter la section gallo-romaine en allant jusqu’au Rhin et au Danube. Il va sans dire que c’est là un programme très élastique : vous le réaliserez comme vous l’entendez. Si même vous jugez bon de faire des achats directement, rien de plus simple. Il faudra seulement que nous nous entendions pour respecter les grandes divisions déjà adoptées dans la section antique. Mais c’est là un point de détail et nous n’aurons pas de peine, vous et moi, à être d’accord. Je me propose d’avoir recours à vos conseils pour une foule de choses ! Je tenais à vous informer de ce qui avait été dit entre M. D. et moi. Mais il ne s’agit là que de très grandes lignes et il reste entendu que votre indépendance reste entière dans les moindres détails. M. Reinach a pu vous dire déjà les propos que je lui avais tenus à ce sujet. »19

Enfin, Vuaflart, secrétaire de Jacques Doucet, entérine la décision :

« Mon cher Commandant, Je nai pas manqué d’entretenir M. Doucet de votre aimable proposition et je m’empresse de vous annoncer qu’il y souscrit bien volontiers. Voulez-vous avoir l’obligeance de lui écrire pour lui précisez ce que vous comptez faire – classement, répertoire, reliure, achats – et quelle indemnité vous serait agréable. Je crois que le chiffre de 1800 francs serait bien à tous égards, qu’il rétablirait pour vous le traitement d’activité et qu’il nous procurerait tous les loisirs d’un collaborateur de premier ordre. Également, soyez assez bon pour indiquer à quelle date vous verriez le début de ce nouveau mode d’activité dans la Bibliothèque.

Veuillez agréer, mon cher Commandant, l’expression de mes sentiments les plus cordialement dévoués. A Vuaflart. »20

La loi du 30 décembre 1913 relèvera effectivement les pensions, mais pas autant qu’il le souhaitait. Espérandieu touchera ainsi, environ 4000 fr. La loi autorisant aussi le cumul de la pension avec un salaire à hauteur de 6000 fr., le salaire de la BAA lui permet alors de maintenir à minima son train de vie.

Espérandieu a donc apparemment travaillé pour la BAA jusqu’à la guerre. Et lorsque Doucet donne la bibliothèque à l’université début 1918, Vuaflart écrit au commandant :

« Mazerolle et vous-même aviez constitués à la Bibliothèque deux sections qui vous appartiennent puisquenrichies de votre science et de votre labeur désintéressé. M. Doucet se doit donc de vous demander votre avis. Mazerolle étant à Paris j’ai pu lui causer : il approuve pleinement et il est prêt à continuer son concours précieux. Ainsi, sa section restera sa chose, moralement il n’en sera pas dépouillé par suite du passage de la bibliothèque à l’université.

Je suis bien en retard pour faire auprès de vous la même commission au nom de M. Doucet. Mais vous devinez tout ce qu’il m’a fallu faire quand je vous dirai que tout cela s’est conclu en 12 jours. La cause de l’érudition a eu gain de cause, l’outil est sauvé, et il nous parfaitement agréable et flatteur d’obtenir votre approbation.21

Lettre de Vuaflart à Espérandieu, 3 janvier 1918. ms 22PDR_E_COR 117, Palais du Roure, fonds Espérandieu

Espérandieu lui répond :

« Je ne puis qu’approuver la détermination que vient de prendre Monsieur Doucet. La constitution de la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie fut un événement d’une extrême portée scientifique ; sa donation à l’Université de Paris en est un autre. Sans doute il ne peut manquer à Monsieur Doucet de penser que son nom est attaché à une fondation hors de pair, même en Amérique. Mais la satisfaction personnelle qu’il doit éprouver pourrait être singulièrement accrue par la certitude des immenses avantages que des générations de professeurs, d’étudiants et d’érudits retireront de sa générosité.

Je suis particulièrement sensible au bon souvenir que Monsieur Doucet a bien voulu conserver de mon passage à sa bibliothèque. Je vous serais reconnaissant, en lui transmettant avec mes devoirs respectueux, mes vœux les plus sincères de nouvelle année, de lui exprimer ma gratitude la plus vive pour la commission me concernant dont il vous a chargé. En ce moment, par suite de ma mobilisation, je ne pourrais prêter à l’établissement qu’un concours relatif, malgré la connaissance que je crois avoir de la section gallo-romaine. Mais aussitôt que les circonstances le permettront, c’est-à-dire dès que la paix m’aura rendu à la vie civile, la liberté dont je disposerai sera complète. Non seulement, j’accepterai alors de reprendre mes anciennes fonctions, si Monsieur Doucet voulait bien de quelque manière me les faire réserver, mais encore j’en éprouverais beaucoup de joie pour plusieurs raisons. »22

Espérandieu s’était ré-engagé à l’annonce du conflit. Refusé pour le front à cause de sa surdité, il est nommé Inspecteur des sursis du VIIIe Corps d’Armée à Bourges. En 1919, définitivement revenu à la vie civile, il est élu en février membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, et nommé en juillet conservateur des musées archéologiques de Nîmes et des monuments romains du Gard. Il ne travaillera plus pour la BAA, mais y viendra encore quelquefois pour classer ses plaques photographiques.

Les archives Espérandieu

Comme on l’a vu dans la lettre de René-Jean de septembre 1913, Espérandieu a donné ses clichés à la bibliothèque, à peu près au moment où il est engagé à la BAA pour accroitre la section gallo-romaine. Il aurait donc eu une place, un bureau, rue Spontini : ce qui expliquerait qu’en plus d’avoir donné ses plaques photographiques, il y ait laissé un certain nombre d’archives concernant ses travaux, ou provenant d’autres archéologues.

Les clichés photographiques

Lorsque la bibliothèque passe à l’université, André Joubin, le directeur de la bibliothèque, demande à Espérandieu :

« Cher ami, Nous mettons, – d’accord avec Doucet – tous les clichés qu’il nous avait donnés, en dépôt au Service photographique des Beaux-Arts. De cette façon, on pourra les exploiter et en mettre des épreuves à la disposition des travailleurs. Nous avons réservé, avant de connaître vos intentions, tous les clichés que nous avions mis en dépôt à la Bibliothèque et qui sont votre propriété. Verriez-vous un inconvénient à ce que vos clichés fussent joints aux nôtres et mis, de votre part, en dépôt aux Beaux-Arts, et auriez-vous des instructions particulières à me donner à ce sujet ? »23

Espérandieu répond :

« Cher ami, Lisez la préface de mon tome III, vous verrez que, depuis douze ans (et l’idée m’en est venue bien avant) j’ai envisagé la création d’un service analogue à celui dont la Direction des Beaux-Arts est en train de prendre l’heureuse initiative. (…)

Maintenant, je donne mon approbation complète à votre idée de déposer aux Beaux-Arts les quelques 6000 ou 8000 clichés, que j’ai donnés à la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie. Mais … il y a un mais ! Ils ne sont pas classés et personne, sauf moi, à moins d’y consacrer un temps énorme, ne pourra les mettre en ordre. Les clichés furent donnés à la Bibliothèque en 1913, vers la fin de l’année. Je devais en faire le classement ; j’en fus empêche  par la guerre. Depuis lors, j’ai cessé, comme vous le savez, sinon de m’intéresser à la Bibliothèque d’Art, du moins de faire partie de son personnel. (…)

En tous cas, il serait nécessaire que les clichés soient classés et, je le répète, nul autre que moi ne peut accomplir ce travail, sans avoir besoin, pour chaque cliché, de tourner toutes les pages de mes 8 volumes. »24

Des courriers montrent qu’il est venu commencer le classement : « J’espère que vous pourrez finir le classement des clichés ; dans tous les cas je vous recommande de bien fermer la bibliothèque. »25 mais l’on sait qu’il n’a pas pu le terminer puisque c’est le centre Camille Jullian qui a effectué l’inventaire pour le mettre en ligne sur la base RBR-Nesp en 200826. Cette base a été intégrée à la Plateforme de recherche sur la sculpture romaine en Méditerranée, Sculpturo, en 2019. Les plaques sont aujourd’hui à la Médiathèque du Patrimoine, numérisées et en ligne. Elles concernent effectivement les Bas-reliefs de la Gaule, mais aussi les fouilles de Vieil-Evreux de 1912-191327, – ces dernières ne sont pas encore indexées sur la base.

Les cachets d’oculistes

Parmi les archives qu’Espérandieu a laissées à la BAA, se trouvent les empreintes des cachets d’oculistes qui lui ont servi à la publication de son Recueil des cachets d’oculistes romains en 189328. Pour faire ce corpus, il est aidé par Robert Mowat qui possède, à l’époque, sans doute la collection la plus complète des cachets connus, soit des originaux29, soit des fac-simile. Celui-ci donne à Espérandieu sa documentation sur les cachets qui elle-même venait des épigraphistes qui s’étaient intéressés à ces objets.

On notera l’intérêt de ces empreintes aujourd’hui : un certain nombre d’entre elles, avec d’autres du Musée d’Archéologie Nationale sont les seuls témoins de cachets disparus, remplaçant de facto les originaux. On trouve aussi accompagnant les empreintes, les dessins qu’il avait réalisés pour le tiré-à-part de la publication de ses cachets dans le CIL ((Espérandieu, Signacula medicorum oculariorum, Leroux, 1904.)).

Cachets d’oculistes de la collection donnés par Espérandieu à la BAA. Paris, Bibliothéque de l’Institut National d’histoire de l’art

Le rapport des inscriptions du Kef

Enfin, on trouve aussi le manuscrit Rapport sur les ruines romaines de la subdivision du Kef, accompagné de plans et de quelques dessins de ruines. Ce document est le tout premier travail épigraphique d’Espérandieu envoyé à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres en 1883. Les inscriptions contenue dans ce Rapport ainsi que les plans des ruines seront intégrées l’année suivante dans sa première publication Epigraphie des environs du Kef ((En 7 fascicules, Champion, Paris, 1884-1885.)). En revanche, il ne publiera pas les dessins qui restent donc inédits.

Rapport d’Émile Espérandieu sur les inscriptions du Kef (1883). Paris, Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, Ms 616, feuillets 16 et 28.

Les archives d’autres archéologues

Papiers d’Auguste Allmer

Espérandieu entre en contact vers 1886 avec Auguste Allmer, le créateur et directeur de la Revue épigraphique du Midi de la France. Une relation de maître à disciple, quasi filiale se noue peu à peu entre eux, qui fera qu’Allmer lui donne la direction de la revue.

En 1899, Espérandieu écrit dans son Journal « C’est avec une douleur infinie que j’ai embrassé, sur son lit de mort, le savant dont la bienveillance et la bonté pour moi furent sans égales. (…) Je suis resté à Lyon (…) pour aider Mlle Louise Allmer, petite-fille de M. Allmer, à déménager les quelques rares objets qu’elle héritait. Il m’a été remis personnellement tous les papiers de mon pauvre ami. »30

Ce sont ces papiers qu’il donne à la BAA en 1913 : « Allmer mourut le 27 novembre 1899 et j’héritai de ses papiers. Ils sont aujourd’hui à la Bibliothèque de l’Université de Paris, où je les donnai en 1913. Il avait dû vendre ses livres (achetés 500 fr par M. Dissard), et les regrets qu’il éprouva de leur cession furent très grands. »31

Carnets de Robert Mowat

Parmi les épigraphistes avec lesquels Espérandieu tisse des liens, on trouve Robert Mowat. Celui-ci, par affinité autant militaire qu’épigraphique, l’aide dans ses recherches et lui prodigue des conseils, en particulier pour sa publication des cachets d’oculistes.

A sa mort, son fils lui écrit :

« Ainsi que je vous l’ai dit, j’ai vendu les livres de mon père à Picart (sic), je n’ai pas trouvé de papiers intéressants, à part ses carnets de notes ; il n’y avait que quelques feuilles de brouillon, car il ne gardait rien après l’avoir publié. Je n’ai pas encore fait le tri de ses brochures et vous en soumettrai la liste. S’il vous en manque, je serai très heureux de vous les offrir. J’ai trouvé en outre dans sa vitrine des liasses de fiches d’inscriptions romaines. Si vous avez un moment je serais très heureux si vous pouviez venir les voir. »32 Espérandieu est donc entré en possession de ces carnets par le fils de Robert Mowat.

Papiers de Gaston de la Noë

On peut supposer qu’Espérandieu envoie quelques-uns de ses ouvrages d’épigraphie au général de la Noë33, parce que comme lui, il est topographe. Les quelques lettres de ce dernier en témoignent. C’est son fils, après sa mort, qui propose à Espérandieu de venir prendre s’il veut, dans les archives de son père, ce qui concerne les fortifications antiques et les fouilles34.

Les Papiers de Charles-Édouard Lambert

La question reste ouverte pour savoir comment Espérandieu a acquis les papiers de Charles-Édouard Lambert (1794-1870), bibliothécaire de la ville de Bayeux qui a été en contact avec de nombreux érudits locaux. Il est possible qu’ayant été à Evreux en 1912-1913, il ait eu des contacts en Normandie qui lui ont permis d’entrer en possession de ces archives.

On peut se demander pourquoi Espérandieu a laissé ces papiers disparates et sans cohérence à la BAA, d’autant qu’à Avignon, dans ses archives, il y a aussi des documents ayant appartenu à Allmer, Mowat et Lambert. Ce constat d’éparpillement m’entraine à poser l’hypothèse que la BAA servait au commandant de succursale où il déposait ses papiers ou une partie, en attente de classement

3Des bibliothèques d’archéologie gallo-romaine

L’exemple de la bibliothèque d’Espérandieu, des papiers dont il hérite, nous montre un problème récurrent à l’époque : l’accès aux livres, à la documentation.

Si Espérandieu s’est constitué une bibliothèque, ce n’est pas tant qu’il est bibliophile (sans doute un peu) mais bien pour des raisons pratiques : les livres sont difficiles à trouver, il y a peu de librairies, peu de tirages en archéologie, et peu de bibliothèques fournies en ouvrages archéologiques dans les villes de garnison, malgré celles des sociétés savantes qui elles-mêmes sont surtout locales et généralistes. Ce qui explique d’ailleurs qu’on note beaucoup d’échanges, de prêts de livres dans les correspondances entre érudits.

Pour ces raisons, Espérandieu n’est pas le seul à se constituer une bibliothèque. En fonction de la fortune personnelle, certains peuvent en posséder une extrêmement fournie. On pensera à celle de Joseph Déchelette à Roanne35, plus importante que celle de la Diana, la société savante de Montbrison.

Enfin, on se souvient qu’avant l’achat des livres d’Espérandieu, Reinach lui écrivait « la bibliothèque Doucet reste encore pauvre en gallo-romain. » En effet, si Perdrizet avait contribué à l’achat des grands ouvrages d’archéologie, étant helléniste, il était peu intéressé par le gallo-romain, à l’instar de l’ensemble des grandes institutions.

Or, la bibliothèque d’Espérandieu est nécessairement gallo-romaine, et c’est peut-être une des rares bibliothèques privées de l’époque autant spécialisée.

Émile Espérandieu dans sa bibliothèque au Palais du Roure, à Avignon,  vers 1937.  ms 7 PDR_E_ICO 13, Palais du Roure, fonds Espérandieu

En effet, il y a très peu de spécialistes du gallo-romain ; Raymond Lantier, dans la notice nécrologique qu’il publie à la mort d’Espérandieu, le dit : « il fut avec Jullian le meilleur connaisseur de nos antiquités nationales. »36

La vente de la bibliothèque Espérandieu à Doucet souligne aussi la fragilité de ces bibliothèques privées. On a vu qu’il n’est pas le seul à vendre sa bibliothèque pour des raisons financières : Allmer, de son vivant, a vendu la sienne, de même que Mowat a vendu le CIL à Doucet. Et beaucoup de bibliothèques sont dispersées par les héritiers. Dans sa lettre du 8 juin 1912 à Reinach, Espérandieu soulève d’ailleurs sans détour cette question douloureuse du devenir de ses papiers : « Puis, je vous avoue que cette pensée qu’il faudra bien que je me sépare tôt ou tard de mes livres et de mes manuscrits me cause maintenant une véritable peine. Que deviendront-ils ? » ((Méjanes, fonds Reinach, boîte 59))

C’est peut-être cette sensibilité de bibliophile qui lui fait faire un geste en souvenir de son ami S. Reinach. Espérandieu est conservateur du musée et des monuments antiques de Nîmes lorsque celui-ci meurt en 1932.

Suivant ses volontés testamentaires, une partie de sa bibliothèque, le fonds gallo-romain est offert au Musée des antiquités de Saint-Germain-en-Laye. En revanche, rien n’était prévu pour le reste des collections, soit plus de vingt mille ouvrages. Les exécuteurs testamentaires proposent aux universités une donation. La faculté de lettres de Lyon se porte acquéreur de la bibliothèque, 16 000 ouvrages d’archéologie, d’histoire de l’art grec, d’art médiéval et d’histoire religieuse37. Il reste 4000 volumes qu’Espérandieu va faire récupérer par la ville de Nîmes pour le musée archéologique, comme le montre la correspondance d’Abraham Morgoulieff, beau-frère de S. Reinach et exécuteur testamentaire38. Cette bibliothèque ainsi que les papiers d’Adolphe Reinach intègrera finalement la bibliothèque municipale qui se trouve dans le même bâtiment que le musée39.

  1. INHA, correspondance René-Jean, correspondance Joubin, Bibliothèque Méjanes, correspondance Reinach, MAN, correspondance Reinach, Palais du Roure, correspondance Espérandieu. []
  2. Cet article complète les informations précédemment publiées : M Altit-Morvillez, Émile Espérandieu (1857-1939), Un archéologue entre institution militaire et monde académique, éditions Mergoil, 2021, p.195-198. []
  3. Espérandieu, Epigraphie romaine du Poitou et de la Saintonge, Melle, 1888; Inscriptions de la cité des Lemovices, Paris, 1891; Musée de Périgueux : inscriptions antiques, Périgueux, 1893. []
  4. Comité des travaux historiques et scientifiques []
  5. Madeleine Espérandieu (1888-1918) se marie le 8 août 1912 avec Adolphe Gibert qui habite à Milan, où il est négociant. []
  6. Robert Mowat (1823-1912), commandant d’artillerie, épigraphiste, numismate, directeur du Bulletin épigraphique de la Gaule, membre correspondant du CTHS, membre de la Société nationale des antiquaires de France. []
  7. Méjanes, fonds Reinach, boîte 59. []
  8. Il déménagera début 1913, toujours à Clamart []
  9. Lettre de Reinach à Espérandieu, sans date, restitué 1912, ms 18PDR_E_COR 38, Palais du Roure, fonds Espérandieu. [] []
  10. Xavier Barbier de Montault (1830-1901), ecclésiastique, prélat de la Maison du pape, et antiquaire, historiographe du diocèse d’Angers, a publié de nombreuses études d’archéologie chrétienne. Neveu Bruno, « Entre archéologie et romanité : Mgr Xavier Barbier de Montault (1830-1901) », Bibliothèque de l’école des chartes. 2005, t. 163, 1. pp. 241-264 []
  11. Lettre d’Espérandieu à René-Jean, 16 juin 1912, archives INHA, Autographes 143-2-213. []
  12. Lettre de René-Jean à Espérandieu, 20 juin, sans date, restitué 1912, ms 18PDR_E_COR 44, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  13. Lettre de René-Jean à Espérandieu, 2 septembre, sans date, restitué 1912, ms 18PDR_E_COR 44, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  14. Lettre d’Espérandieu à René-Jean, 11 septembre 1912, archives INHA, Autographes 143-2-212 []
  15. En 1908, Louis Chatelain (1883-1950) avait reçu l’aide d’Espérandieu pour son ouvrage Les monuments romains d’Orange. Il deviendra spécialiste du Maroc antique. []
  16. Lettre de Louis Chatelain à Espérandieu, 17 décembre 1912, ms 3PDR_E_COR 101, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  17. Lettre d’Espérandieu à Déchelette, 1er juillet 1914, ms AJDL-ESPEE02901, Fonds Joseph Déchelette, correspondance scientifique, Roanne – Musée J. Déchelette. A la fin de sa vie, sa bibliothèque, conservée au Palais du Roure à Avignon, compte au moins 6000 volumes d’archéologie. []
  18. Lettre d’Espérandieu à Reinach, 24 juin 1913, archives MAN, fonds de correspondance ancienne, dossier Espérandieu. []
  19. Lettre de René-Jean à Espérandieu, 4 septembre, sans date, restitué 1913, ms 18PDR_E_COR 44, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  20. Lettre de Vuaflart à Espérandieu, 24 octobre 1913, ms 22PDR_E_COR 117, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  21. Lettre de Vuaflart à Espérandieu, 3 janvier 1918, ms 22PDR_E_COR 117, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  22. Brouillon de réponse d’Espérandieu à Vuaflart, 7 janvier 1918, ms 22PDR_E_COR 117, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  23. Lettre de Joubin à Espérandieu, 23 février 1922, ms 10PDR_E_COR 36, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  24. Lettre d’Espérandieu à Joubin, 24 février 1922, Archives des collections photographiques de la bibliothèque de l’INHA []
  25. Lettre de Joubin à Espérandieu, 17 août 1922, ms 10PDR_E_COR 36, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  26. http://sculpturo.huma-num.fr []
  27. Espérandieu a publié deux rapports sur ces fouilles du Vieil-Evreux, dans le Bulletin de la Société française des fouilles archéologiques, 1913, p.56-131 et 1921, p. 3-80. Sur ces fouilles peu connues, j’ai donné une communication à la Journée d’Etudes « Archéologues et archéologie en province sous la IIIe République », à l’occasion de la commémoration du centenaire de la mort d’Émile Cartailhac (1845-1921), le 20 novembre 2021, organisée par S. Péré-Noguès et M-L. Le Brazidec, Université Toulouse-Jean Jaurès, Laboratoire TRACES, UMR5608, à paraitre. []
  28. Recueil paru dans la Revue Archéologique, en 1893 et 1894. Sur l’originalité de ce recueil, M. Altit-Morvillez, « Émile Espérandieu et les cachets d’oculistes romains », Histoire des sciences médicales, t.XLIX, 3-4, 2015, p.341-352. Et sur les critiques de son recueil, idem, « De la concurrence en archéologie : la réception du Recueil des cachets d’oculistes romains d’Espérandieu », V. Krings, C. Valenti (dir), Connaître l’antiquité. Individus, réseaux, stratégies du XVIIIe au XXIe siècle, PUR, Rennes, 2010, 109-119. []
  29. Mowat vend ses cachets au Cabinet des Médailles en 1905. []
  30. Espérandieu, « Journal », 17 décembre 1899, ms E3, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  31. Espérandieu, « Souvenirs », cahier 3, p.20, ms E3b, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  32. Lettre d’Alfred Mowat à Espérandieu, 29 mai 1913, ms 13PDR_E_COR 256, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  33. Gaston-Ovide de la Noë (1836-1902), spécialiste de topographie, nommé à la Commission de topographie des Gaules en 1877, Directeur du service géographique de l’armée, membre du CTHS. Son ouvrage principal : Principes de la fortification antique depuis les temps préhistoriques jusqu’aux croisades pour servir au classement des enceintes dont le sol de la France a conservé la trace, Leroux, Paris, 1890 []
  34. Lettre de Georges de la Noë à Espérandieu, sans date, restitué 1902, ms 12PDR_E_COR 7, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  35. Alex Journaix, « La bibliothèque comme “atelier’’ du savant », S. Péré-Noguès (dir), Joseph Déchelette, un précurseur de l’archéologie européenne, Errance, Arles, 2014, p.148-153. []
  36. Raymond Lantier, « Le Commandant Émile Espérandieu (1857-1939) », Revue Archéologique, t.4, juillet-décembre 1939, pp. 53-58. []
  37. Brice Rosier-Laperrousaz, « De la bibliothèque Salomon Reinach à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée : 80 ans de documentation pour la recherche en études antiques à Lyon », Mémoire de master 2011, Enssib, p.19-25. []
  38. Lettre d’Abraham Morgoulieff à Espérandieu, 11 octobre 1934, non coté, Palais du Roure, fonds Espérandieu. []
  39. Conservés aujourd’hui à la bibliothèque municipale, Carré d’art. []
Marianne Altit-Morvillez
Marianne Altit-Morvillez

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marianne Altit-Morvillez (10 mai 2022). Espérandieu et la bibliothèque Doucet. Bibliothèque d'art et d'archéologie Jacques Doucet. Consulté le 22 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/luw0


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